Les lois à connaître sur l’assurance emprunteur 

un couple en plein rendez-vous pour leur assurance emprunteur

Lorsque vous réalisez un projet immobilier, la souscription d’une assurance emprunteur est presque toujours exigée par la banque. Cette assurance de prêt immobilier protège à la fois l’emprunteur, le co-emprunteur et la banque prêteuse en cas de sinistre comme un décès, une invalidité permanente, une incapacité temporaire de travail ou une perte d’emploi. 

Cependant, le marché de l’assurance crédit immobilier a profondément évolué ces dernières années. Plusieurs lois sont venues renforcer les droits des emprunteurs et favoriser la concurrence entre les assureurs.  

Résultat : il est désormais possible de choisir une assurance, de changer d’assurance et de faire des économies sur le coût total du crédit immobilier. 

Alors, quelles sont les lois à connaître pour mieux comprendre votre contrat d’assurance de prêt et optimiser votre assurance de prêt ? 

Pourquoi les lois sur l’assurance emprunteur ont-elles évolué ? 

Pendant longtemps, les établissements bancaires imposaient leur contrat groupe aux emprunteurs. Cette assurance groupe, proposée directement par le prêteur, mutualise les risques entre tous les assurés. Toutefois, elle ne tient pas toujours compte de la situation personnelle ou du profil de risque, comme un risque aggravé de santé, un statut de fumeur ou une activité professionnelle spécifique. 

Face à ce manque de flexibilité, les pouvoirs publics ont souhaité ouvrir le marché de l’assurance des emprunteurs à la concurrence. L’objectif est simple : permettre aux particuliers de choisir librement leur assurance de prêt immobilier, de comparer les offres d’assurance et de bénéficier d’un contrat plus adapté et plus avantageux. 

Aujourd’hui, plusieurs lois structurent ce marché, notamment la loi Lagarde, la loi Hamon, l’amendement Bourquin et la loi Lemoine. Chacune d’elles renforce les droits des emprunteurs en matière de délégation d’assurance, de résiliation et de transparence. 

La loi MURCEF (2001) : une première ouverture du marché 

Adoptée en 2001, la loi MURCEF marque une première étape dans la libéralisation de l’assurance emprunteur. Avant cette réforme, les établissements bancaires imposaient largement leur assurance groupe lors d’une demande de crédit immobilier, limitant la concurrence entre les assureurs et empêchant les emprunteurs d’optimiser le coût total de leur assurance de prêt immobilier. 

La loi introduit un principe clé : le contrat d’assurance doit être distinct du contrat de prêt. Ainsi, la banque ne peut plus imposer formellement son assurance, et l’emprunteur peut, en théorie, souscrire une assurance auprès d’une autre compagnie d’assurance. 

Elle impose aussi une meilleure information sur les garanties proposées, comme la garantie décès ou l’incapacité temporaire de travail. 

Malgré des limites, cette loi pose les bases des futures réformes, notamment la loi Lagarde, en ouvrant progressivement le marché à la concurrence. 

La loi Lagarde : la liberté de choisir son assurance 

Entrée en vigueur en 2010, la loi Lagarde marque un tournant majeur. Elle introduit le principe de délégation d’assurance, qui permet à l’emprunteur de ne pas souscrire automatiquement à l’assurance proposée par la banque. 

Concrètement, lors de la signature de l’offre de prêt, vous pouvez opter pour une assurance individuelle auprès d’une compagnie d’assurance externe. Cette liberté permet de faire jouer la concurrence entre les assureurs et d’obtenir un meilleur taux d’assurance. 

Toutefois, cette liberté est encadrée par le principe d’équivalence de garanties. L’organisme prêteur peut refuser un nouveau contrat si les garanties proposées ne sont pas jugées équivalentes à celles du contrat groupe. Pour faciliter la comparaison, la banque doit remettre une fiche standardisée d’information détaillant les garanties exigées. 

Grâce à cette loi, les emprunteurs peuvent dès la souscription d’un contrat adapter leur assurance crédit à leur profil et réduire le coût total de leur prêt immobilier. 

La loi Hamon : changer d’assurance la première année 

Adoptée en 2014, la loi Hamon va encore plus loin. Elle permet de résilier son assurance emprunteur à tout moment pendant les douze premiers mois suivant la signature du contrat de prêt. 

Cette mesure offre une seconde chance aux emprunteurs qui n’auraient pas optimisé leur assurance de prêt immobilier au moment de la souscription. Vous pouvez ainsi comparer les devis assurance, utiliser un comparateur d’assurance ou faire appel à un courtier pour trouver une assurance externe plus avantageuse. 

Pour que la résiliation assurance soit acceptée, il faut respecter certaines conditions. Le nouveau contrat doit présenter des garanties équivalentes et la demande de résiliation doit être envoyée à l’établissement prêteur avant la fin de la première année. 

Cette loi a permis à de nombreux emprunteurs de réaliser des économies significatives sur leurs mensualités et sur le taux annuel effectif global (TAEG).  

L’amendement Bourquin : la résiliation annuelle 

Depuis 2018, l’amendement Bourquin, souvent associé à la loi Sapin, introduit la possibilité de résiliation annuelle. Cela signifie que vous pouvez changer d’assurance emprunteur chaque année à la date anniversaire du contrat. 

Cette avancée renforce encore la concurrence entre les assurances emprunteur. Elle permet aux assurés de renégocier leur contrat en fonction de l’évolution de leur situation, de leur âge, ou encore du capital restant à rembourser. 

La demande doit être effectuée en respectant un préavis, généralement quelques mois avant la date d’échéance. Comme pour les autres dispositifs, l’équivalence des garanties reste obligatoire. 

Grâce à cette mesure, les emprunteurs peuvent optimiser leur contrat sur toute la durée du prêt et réaliser des économies pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros. 

La loi Lemoine : une révolution pour les emprunteurs 

Entrée en vigueur en 2022, la loi Lemoine représente une avancée majeure. Elle supprime la contrainte de la date anniversaire et permet une résiliation à tout moment de l’assurance de prêt. 

Désormais, vous pouvez résilier une assurance et souscrire un nouveau contrat à n’importe quel moment, sans attendre une échéance annuelle. Cette liberté totale simplifie grandement le changement d’assurance et encourage encore davantage la concurrence. 

La loi Lemoine introduit également la suppression du questionnaire de santé pour certains prêts immobiliers, notamment lorsque le montant du prêt reste sous un certain seuil et que le remboursement intervient avant un âge défini. Cela facilite l’accès à l’assurance pour les profils présentant un risque aggravé de santé. 

Enfin, elle renforce le droit à l’oubli, permettant à certaines personnes ayant eu des problèmes de santé de ne plus les déclarer après un délai réduit. 

La convention AERAS : faciliter l’accès à l’assurance 

La convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) vise à faciliter l’accès à l’assurance emprunteur pour les personnes présentant un risque aggravé. 

Grâce à ce dispositif, les emprunteurs peuvent bénéficier d’un examen approfondi de leur dossier, même en cas de pathologie lourde. Cela permet d’obtenir une couverture adaptée, même si une surprime ou des exclusions peuvent être appliquées. 

La convention prévoit également des mécanismes de plafonnement des tarifs pour éviter un surcoût trop important. Elle s’inscrit dans une logique d’inclusion et permet à davantage de profils de concrétiser un achat immobilier. 

Les garanties et obligations des assureurs 

Les différentes lois encadrent également les garanties d’assurance et les obligations des compagnies d’assurance. 

Un contrat d’assurance de prêt immobilier comprend généralement une garantie décès, une garantie invalidité permanente totale ou partielle, ainsi qu’une garantie incapacité temporaire totale (ITT). Certaines assurances de prêt incluent aussi une garantie perte d’emploi. 

Les assureurs doivent informer clairement l’emprunteur sur les exclusions, les délais de carence, les délais de franchise et les conditions de prise en charge en cas d’arrêt de travail ou d’invalidité permanente. 

De leur côté, les emprunteurs doivent veiller à choisir une quotité assurée adaptée, notamment en cas de co-emprunt, afin de garantir le remboursement du capital emprunté en cas de problème. 

Pourquoi comparer les assurances emprunteur est essentiel ? 

Aujourd’hui, grâce à ces évolutions législatives, les emprunteurs disposent d’un véritable pouvoir de négociation. Il est désormais essentiel de comparer les offres d’assurance, d’utiliser un comparateur, ou de faire appel à des courtiers pour trouver la meilleure solution. 

Une assurance individuelle peut souvent être plus avantageuse qu’un contrat groupe, notamment pour les profils jeunes ou en bonne santé. Elle permet d’adapter les garanties, de réduire les primes et d’optimiser le taux annuel. 

Comparer les contrats permet également de mieux comprendre les différences de couverture, d’anticiper les cas de sinistre et d’éviter les mauvaises surprises au moment de la mise en jeu des garanties. 

Ce qu’il faut retenir sur les lois de l’assurance emprunteur 

Les lois encadrant l’assurance de prêt immobilier ont profondément transformé le marché. Elles permettent aujourd’hui de choisir son assurance, de résilier son contrat facilement et de bénéficier de meilleures conditions. 

La loi Lagarde a introduit la délégation d’assurance, la loi Hamon a permis la résiliation la première année, l’amendement Bourquin a instauré la résiliation annuelle, et la loi Lemoine a supprimé les contraintes en permettant une résiliation à tout moment. 

En parallèle, la convention AERAS facilite l’accès à l’assurance pour les profils présentant un risque aggravé de santé. 

Ainsi, bien comprendre ces lois vous permet de mieux protéger votre emprunt immobilier, de réduire vos mensualités et d’optimiser votre contrat d’assurance emprunteur sur toute la durée du prêt. 

 


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